Une FSR se tient en ce 15 octobre 2026, son ordre du jour abordera de nombreux sujets dont les impacts sont importants pour les agentes et les agents de la DGFiP :
- Retour sur la gestion des épisodes de canicule 2026,
- Point d'étape relatif au déploiement du plan d'actions pour améliorer les condtions de travail et prévenir les risques suicidaires,
- Point d'étape relatif à l'exécution du budget 2026 de la FSR,
- Bilan du TBVS
- Politique immobilière et conditions de travail - sureté, sécurité et conditions de travail bâtimentaires
- Questions diverses
Déclaration liminaire
Madame la Présidente,
Nous ne pouvons commencer ces propos liminaires sans parler du nouveau drame impactant l’ensemble du collectif DGFiP. Dans la nuit du 8 octobre, un collègue des services informatiques s’est donné la mort sur son lieu de travail. C’est un choc immense et nous pensons évidemment tout d’abord à sa famille, ses collègues et plus largement à l’ensemble des collègues.
Pour Solidaires Finances Publiques, les suicides et tentatives de suicides ont des causes multifactorielles, mais quand cela se passe sur le lieu de travail, ces actes dramatiques ne peuvent être déconnectés du contexte professionnel et ne peuvent se résumer à des fragilités individuelles. Et force est de constater que dans les services informatiques, les agentes et agents, quel que soit leur grade, sont depuis plusieurs années sous pression constante. Les pannes d’applications, les vols de données de ces derniers mois n’ont pas arrangé les choses. Nos collègues doivent faire face, toujours dans l’urgence, à des demandes toujours plus pressantes, et les risques psychosociaux sont de plus en plus importants.
Face à ce nouveau drame, la Direction générale doit agir réellement. Nous attendons des actes forts pour que cela ne se reproduise plus. Nous ne voulons plus d’éléments de langage, de promesses de vigilance ou de pseudos mesures d’accompagnement.
Selon vos propres documents, l’état d’avancement de mise en œuvre des actions du plan d’amélioration des conditions de travail et de prévention du risque suicidaire s’élève à ce jour à 95 %. Or, nous comptabilisons pour 2026, 7 suicides et 26 tentatives. Nous pouvons légitimement nous interroger sur la portée et la pertinence de ce plan. Nous, représentantes et représentants des personnels, avons unanimement voté contre car nous savions avant sa mise en œuvre qu’il serait sans effet ! Pourquoi ? Tout simplement parce ce que plan de prévention n’interroge pas ce qui nous abîme au quotidien : l’organisation du travail, le manque de moyens humains, les suppressions d’emplois (encore 176 pour 2027), les restructurations et fermetures incessantes, le management qui peut devenir toxique. Il ne répond en rien à la perte de sens du travail, à la perte pour de très nombreuses et nombreux collègues de leur utilité sociale, il ne répond en rien à leur isolement... autant d’éléments pourtant bien établis par les Observatoires Internes successifs.
Toutes les réformes actuelles à la DGFiP ne cessent de casser les collectifs de travail, la solidarité entre les agentes et agents.
Vous individualisez, vous mettez en concurrence les agentes et agents entre eux. Pourquoi ? Pour gagner des gains de productivité et répondre voire devancer les commandes des gouvernements. Vous fermez les yeux sur la souffrance au travail qui aujourd’hui est prégnante dans notre administration.
Vous êtes sourds à nos alertes, vous êtes aveugles devant les résultats de l’observatoire interne sauf en ce qui concerne le taux de participation. Et quand les agentes et agents prennent le temps d’y répondre et indiquent leur mal-être, certains responsables de services organisent des réunions, non pas pour essayer d’améliorer les choses et trouver des solutions collectives, mais pour « engueuler » les collègues, car les résultats locaux sont en dessous de la moyenne générale !
Aujourd’hui nous sommes profondément en colère et nous vous le disons clairement : votre passivité doit cesser, ainsi que votre tentative d’éviter toute enquête concernant les tentatives de suicides en dehors du lieu de travail. Vous exigez désormais l’autorisation des collègues concernés. Outre le fait que cela est contraire à la note de la Directrice générale de juillet 2025 qui est très claire à ce sujet : si les représentants des personnels décident d’une enquête de la FS, elle doit se faire. Nous vous rappelons que l’enquête, si elle est votée, n’est en aucun cas une enquête sur les collègues mais sur l’environnement professionnel pour vérifier que le travail n’a pas été une des causes de la tentative de suicide.
Qu’avez-vous réellement changé dans l’organisation du travail pour éviter que des situations de souffrance ne s’aggravent ?
Nous ne parlons pas de communication. Nous ne parlons pas d’une cellule d’écoute annoncée après un drame. Nous parlons de prévention primaire. Nous parlons de moyens humains. Nous parlons de charges de travail. Nous parlons d’agir sur le management qui peut virer toxique, mais aussi d’aider les encadrants de proximité souvent pris entre le marteau et l’enclume.
Pour Solidaires Finances Publiques, les suicides et tentatives de suicides ne doivent pas devenir des indicateurs, une ligne dans le bilan social ; ce n’est pas une statistique que nous commentons avant de passer à un autre point de l’ordre du jour !
Nous refusons que les documents uniques d’évaluation des risques professionnels deviennent des catalogues de risques sans mesures de prévention à la hauteur.
Nous refusons que les plans de prévention (PAPRIPACT) soient de simples documents que l’on actualise une fois par an pour se donner bonne conscience.
Nous refusons que les représentants des personnels soient informés lorsque tout est déjà décidé.
Et nous refusons que les alertes soient systématiquement renvoyées à des difficultés individuelles alors qu’elles peuvent révéler des dysfonctionnements collectifs.
Nous exigeons des moyens humains pour l’exercice de nos missions dans des conditions dignes.
Nous exigeons des moyens financiers, notamment pour bénéficier d’outils informatiques performants et fiables et de bâtiments répondant aux défis du changement climatique.
Nous exigeons une réelle prise en compte de la parole des agentes et agents et la reconnaissance qu’ils et elles méritent.
Compte-rendu
Un contexte dramatique : le suicide d’un collègue et la responsabilité de l’administration
La réunion s’ouvre dans un contexte particulièrement grave, marqué par le décès par suicide d’un collègue des services informatiques sur son lieu de travail. Avec l’accord des représentantes et représentants des personnels, la présidente de la formation spécialisée de réseau (FSR) propose d’observer une minute de silence en sa mémoire.
Pour Solidaires Finances Publiques, au-delà de l’immense émotion suscitée par ce drame, c’est une profonde colère qui s’exprime parmi les personnels de la DGFiP. Une colère nourrie par des années d’alertes répétées, de souffrances dénoncées et de revendications restées sans réponse de la part de la direction générale.
Depuis des années, Solidaires Finances Publiques alerte sur la dégradation des conditions de travail, dans les services informatiques comme dans l’ensemble des structures de la DGFiP. Depuis des années, nous dénonçons les conséquences des réorganisations successives, de la destruction des collectifs de travail et de la perte de sens qui en découle. Depuis des années, nous alertons. Mais la direction générale n’écoute pas et ne remet jamais véritablement en cause ses choix organisationnels.
Les politiques conduites depuis la fusion ont progressivement fragilisé, voire détruit, les collectifs de travail et les solidarités professionnelles qui constituaient pourtant des protections essentielles pour les agentes et les agents.
La responsabilité de cette situation ne saurait être renvoyée aux personnels. Elle incombe à l’administration et aux politiques qu’elle met en œuvre.
Solidaires Finances Publiques exige de la direction générale que ce suicide soit le dernier.
Un suicide sur le lieu de travail constitue un signal d’une gravité extrême, adressé à l’ensemble du collectif de la DGFiP et, tout particulièrement, à ses cadres dirigeants. Il doit conduire l’administration à s’interroger profondément sur les conditions dans lesquelles les agentes et les agents exercent leurs missions.
Il est inacceptable que des collègues se rendent chaque matin au travail avec la boule au ventre. Il est tout aussi inacceptable que les alertes sur la souffrance au travail continuent de se heurter à l’absence de réponses concrètes.
Qu’est-ce qui conduit aujourd’hui tant d’agentes et d’agents à souffrir dans leur travail ? Pourquoi la direction générale refuse-t-elle encore de questionner réellement l’organisation du travail, les méthodes de management et les conséquences de ses réformes ?
Solidaires Finances Publiques rappelle avec force que l’employeur porte une responsabilité pleine et entière en matière de protection de la santé physique et mentale et de sécurité des personnels.
Notre organisation souligne également que l’hommage rendu à notre collègue devrait s’étendre à l’ensemble des collègues qui ont mis fin à leurs jours. Aucun de ces drames ne doit être oublié.
De son côté, la direction générale reconnaît le choc provoqué par ce suicide et insiste sur la nécessité d’accompagner le collectif de travail. Elle indique que des mesures immédiates ont été engagées, avec l’appui du secrétariat général et de la médecine de prévention.
Une formation spécialisée exceptionnelle s’est tenue le lundi précédant cette FSR. Sans remettre en cause l’implication du directeur général adjoint qui l’a présidée, Solidaires Finances Publiques estime qu’au regard de la gravité des faits et de l’onde de choc provoquée dans l’ensemble de la DGFiP, la Directrice générale aurait dû présider personnellement cette instance.
Une enquête confiée à un prestataire extérieur est annoncée. Des représentants de l’administration se sont rendus sur place et un déplacement de la Directrice générale, Amélie Verdier, est également prévu.
La direction indique enfin qu’un accompagnement psychologique sera proposé aux personnels aussi longtemps que nécessaire.
La prévention primaire au cœur du désaccord
La direction générale affirme vouloir renforcer la prévention primaire, notamment par la formation, la sensibilisation dès l’ENFiP et une meilleure prise en compte de l’organisation du travail.
Mais pour Solidaires Finances Publiques, les dispositifs actuellement déployés demeurent largement centrés sur l’accompagnement des conséquences de la souffrance plutôt que sur la suppression des facteurs de risques à leur origine.
Former, sensibiliser et accompagner ne suffisent pas si, dans le même temps, les organisations de travail continuent de produire de la souffrance.
Le désaccord fondamental demeure donc entier : la direction générale est-elle réellement prête à remettre en cause ses choix organisationnels et managériaux pour protéger la santé de ses personnels ?
Enquêtes après un suicide ou une tentative de suicide
Ce point a donné lieu à des échanges particulièrement nourris, révélant de profondes divergences entre l’administration et les organisations syndicales.
La direction générale ne souhaite pas systématiser les enquêtes à la suite des tentatives de suicide, notamment lorsque l’agente ou l’agent concerné demande expressément que sa situation demeure confidentielle.
Les organisations syndicales contestent unanimement cette approche restrictive.
Elles rappellent que l’objectif d’une enquête menée par une formation spécialisée n’est pas de rechercher l’imputabilité d’un acte, mais d’identifier les facteurs professionnels et organisationnels susceptibles d’avoir contribué à une situation de souffrance.
Il s’agit avant tout de comprendre pour prévenir et d’éviter que de telles situations ne se reproduisent.
Les représentantes et représentants des personnels rappellent également qu’ils sont soumis à des obligations de confidentialité, lesquelles doivent permettre de concilier le respect des personnes concernées et la nécessaire analyse des risques professionnels.
Les chiffres présentés illustrent l’importance de cet enjeu :
En 2025, 45 événements graves ont été recensés, pour 15 enquêtes de formations spécialisées locales réalisées ou en cours.
Jusqu’en octobre 2026, 34 événements graves sont recensés, pour 15 enquêtes évoquées.
Ces données interrogent sur la capacité de l’administration à tirer les enseignements de chaque événement grave.
Solidaires Finances Publiques dénonce par ailleurs les difficultés rencontrées dans certaines directions locales pour obtenir l’ouverture d’une enquête.
La portée juridique des notes de la directrice générale et l’application du guide ministériel sont parfois contestées, voire ignorées, par certaines directions locales.
Une telle situation est inacceptable : les règles de prévention ne peuvent être appliquées à géométrie variable selon les directions.
La direction générale s’engage à rappeler les règles applicables aux directions locales. Elle affirme également que le financement d’une enquête ne doit jamais constituer un obstacle à sa réalisation dès lors que celle-ci a été décidée.
Solidaires Finances Publiques restera particulièrement vigilante quant à la traduction effective de ces engagements sur le terrain.
DTNUM : des alertes graves et l’annonce d’un audit RPS
La situation de la Direction à la transformation numérique (DTNUM) demeure particulièrement préoccupante.
Depuis plusieurs mois, des signalements relatifs aux conditions de travail et à des comportements managériaux dénoncés par les personnels se multiplient. Pourtant, les alertes restent sans réponse à la hauteur de leur gravité et les agentes et agents concernés ne constatent aucune amélioration tangible.
Une fiche signée par 24 agentes et agents a notamment été évoquée. Elle dénonce des agissements qualifiés de toxiques de la part d’un chef de pôle.
Ces témoignages traduisent une souffrance au travail profonde au sein d’une structure pourtant présentée comme emblématique de la transformation numérique de la DGFiP.
Pour Solidaires Finances Publiques, il serait temps que la DTNUM devienne également exemplaire en matière de conditions de travail, de prévention des risques psychosociaux et de respect des personnels !
La direction générale indique suivre la situation avec le directeur de la DTNUM et annonce qu’un audit sur les risques psychosociaux (RPS) sera demandé afin d’examiner les éléments contenus dans les différents signalements.
Mais une fois encore, la réponse de l’administration semble se résumer à une formule bien connue : circulez, la direction générale gère la situation et s’occupe de tout !
Pour Solidaires Finances Publiques, cette réponse ne saurait suffire. Les personnels attendent des mesures concrètes, des changements réels et une prise en compte effective de leur souffrance.
Solidaires Finances Publiques ne lâchera rien tant que les conditions de travail des agentes et agents de la DTNUM ne seront pas profondément améliorées.
Canicule, incendies et adaptation au dérèglement climatique
Les échanges ont remis en lumière les nombreuses insuffisances dans la gestion des épisodes climatiques exceptionnels du printemps et de l’été 2026.
Solidaires Finances Publiques a dénoncé des consignes parfois tardives, des disparités importantes entre directions locales et, dans certains cas, des refus d’appliquer les mesures pourtant nécessaires à la protection des personnels.
Les difficultés concernent notamment le recours au télétravail, les autorisations spéciales d’absence (ASA) pour garde d’enfants, la qualité de l’air ainsi que l’adaptation des bâtiments aux conséquences du dérèglement climatique.
Un diagnostic a été réalisé sur 1 312 bâtiments afin d’identifier les priorités en matière d’adaptation.
Mais ne nous y trompons pas : ce recensement ne constitue en rien une garantie de réalisation des travaux nécessaires. Les contraintes budgétaires qui pèsent sur la politique immobilière de la DGFiP demeurent entières.
Le service Stratégie Pilotage Budget (SPIB) annonce d’ores et déjà que des priorisations seront nécessaires. Mais lesquelles ? Selon quels critères ? Avec quels moyens et selon quel calendrier ?
À ce stade, les réponses restent particulièrement floues.
Un groupe de travail est annoncé pour le premier trimestre 2027. Il devra notamment aborder l’organisation du travail, l’adaptation immobilière et la définition de mesures claires et applicables lors d’événements climatiques majeurs : canicules, inondations, incendies, tornades, etc.
Plusieurs pistes ont également été évoquées :
- Le développement d’exercices de gestion de crise, sur le modèle des exercices incendie.
- Le réexamen du contingentement des ASA pour garde d’enfants.
- L’inscription systématique du risque lié aux fortes chaleurs dans les documents uniques d’évaluation des risques professionnels (DUERP).
- Une meilleure anticipation des conséquences des événements climatiques sur l’activité et la santé des personnels.
La situation en Gironde a également été soulevée. À la suite des incendies, une demande d’analyse de la qualité de l’air aurait été refusée pour des raisons budgétaires. Pour Solidaires Finances Publiques, une telle réponse est incompréhensible. Il est indispensable de connaître les substances auxquelles les personnels ont pu être exposés et d’évaluer les risques éventuels pour leur santé.
La direction générale annonce vouloir examiner les raisons de ce refus. Elle indique cependant qu’aucun suivi médical spécifique par la médecine du travail n’est prévu et renvoie les agentes et agents vers leur médecin de ville en cas de besoin.
Une fois encore, la responsabilité de la prévention semble être reportée sur les personnels eux-mêmes !
L’administration fait également état de sept décès liés aux effets de la canicule, survenus hors des lieux de travail.
La direction générale reconnaît désormais que les épisodes caniculaires ne peuvent plus être considérés comme des événements ponctuels et qu’une adaptation durable des organisations de travail devient indispensable.
Pour Solidaires Finances Publiques, cette prise de conscience doit impérativement se traduire par des mesures concrètes avec anticipation de mesures prêtes très en amont des périodes de canicule de 2027.
Il ne s’agit pas seulement d’adapter les bâtiments, mais de prendre en compte l’ensemble des situations susceptibles d’empêcher les agentes et agents de travailler ou de rejoindre leur poste en toute sécurité lors d’événements climatiques exceptionnels.
La santé et la sécurité des personnels doivent primer sur toute autre considération, notamment budgétaire.
Affaire à suivre dès le début de l’année 2027 !
Sûreté, sécurité et conditions de travail dans les bâtiments
Les échanges ont porté sur plusieurs problématiques de sûreté et de sécurité dans les bâtiments de la DGFiP, notamment la vidéosurveillance, les dispositifs d’alerte, les cheminements d’évacuation et les risques auxquels sont exposés les personnels d’accueil.
Solidaires Finances Publiques a dénoncé des équipements parfois inadaptés, des consignes insuffisamment appliquées et des difficultés persistantes concernant les dispositifs permettant l’évacuation des bâtiments en cas de danger.
Ces situations sont d’autant plus préoccupantes que les agentes et agents, particulièrement celles et ceux exerçant des missions d’accueil, peuvent être confrontés à des situations de tension ou de violence.
La direction générale annonce plusieurs rappels de consignes, notamment auprès des délégués à la sûreté, ainsi que la diffusion d’une note relative à la télésurveillance.
Elle confirme également que les dispositifs de fermeture, notamment les rideaux métalliques installés aux entrées, ne doivent en aucun cas compromettre les possibilités d’évacuation des personnels. Des rappels seront effectués en ce sens auprès des directions locales.
Pour Solidaires Finances Publiques, la sécurité ne peut se limiter à des consignes écrites : elle doit reposer sur des équipements adaptés, des procédures opérationnelles et une véritable prise en compte des situations rencontrées par les personnels.
Plan d’actions pour améliorer les conditions de travail et prévenir les risques suicidaires
La direction générale a présenté les différentes actions engagées dans le cadre de son plan d’amélioration des conditions de travail et de prévention des risques suicidaires.
Parmi les dispositifs mis en avant figurent notamment les espaces de discussion sur le travail (EDT), les formations aux premiers secours en santé mentale (PSSM) et l’accompagnement des collectifs de travail.
Selon l’administration, les premières réunions organisées dans le cadre des EDT auraient reçu un accueil favorable de la part de certains personnels. Un réseau de facilitateurs pourrait également accompagner leur déploiement.
À Solidaires Finances Publiques, nous n’avons manifestement pas les mêmes remontées du terrain !
Notre organisation a exprimé de sérieuses réserves quant à la portée réelle de ces dispositifs et aux conditions de leur mise en œuvre.
Plusieurs difficultés ont été soulignées, notamment les restrictions imposées aux sujets pouvant être abordés, en particulier les questions d’effectifs et certaines pratiques managériales, ainsi que les difficultés rencontrées par des chefs de service pour animer ces échanges.
Comment prétendre ouvrir de véritables espaces de discussion sur le travail si les agentes et agents ne peuvent pas aborder librement les questions qui déterminent directement leurs conditions de travail ?
Comment parler de souffrance professionnelle sans pouvoir évoquer la charge de travail, le manque d’effectifs, les objectifs imposés ou les méthodes de management ?
Autre élément particulièrement révélateur : le bureau chargé des conditions de vie au travail indique avoir pris conseil auprès de La Poste afin de partager les bonnes pratiques en matière d’espaces de discussion.
Pour Solidaires Finances Publiques, ce choix a de quoi laisser perplexe !
Prendre La Poste comme référence pour expliquer comment organiser le dialogue sur le travail, alors même que cet établissement a été marqué par de profondes crises sociales et de graves situations de souffrance professionnelle, il fallait oser !
Difficile d’imaginer un exemple plus mal choisi.
Solidaires Finances Publiques considère que ce plan demeure largement insuffisant en matière de prévention primaire.
Les dispositifs d’écoute, de formation ou d’accompagnement ne peuvent se substituer à une transformation réelle des organisations de travail.
Les agentes et agents doivent pouvoir s’exprimer librement sur leur activité, leurs difficultés, leurs besoins et les moyens nécessaires pour exercer correctement leurs missions.
La direction générale annonce un premier bilan des EDT au premier trimestre 2027 et accepte le principe d’un bilan également présenté au niveau des formations spécialisées locales.
Solidaires Finances Publiques sera attentive à ce que ces bilans ne se limitent pas à des indicateurs de déploiement, mais permettent d’évaluer les effets réels de ces dispositifs sur les conditions de travail.
Budget 2026 de la formation spécialisée de réseau
Les échanges relatifs au budget 2026 de la formation spécialisée ont notamment porté sur son exécution, le financement des formations, les visites de services et les différentes actions susceptibles d’être prises en charge.
Solidaires Finances Publiques a formulé plusieurs demandes, notamment l’organisation de visites dans les centres de contact, la réalisation d’un bilan des accueils rénovés et la mise en place d’actions de sensibilisation aux conséquences sanitaires du dérèglement climatique.
La question des évolutions de l’application SignalFip a également été abordée.
Solidaires Finances Publiques a précisé que les évolutions permettant de mieux identifier les signalements relatifs aux violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) pourraient être financées sur le budget de la FSR, à condition qu’un paramétrage spécifique soit également prévu pour les propos et comportements racistes.
Notre organisation a par ailleurs demandé des précisions sur le calendrier de mise en production des évolutions de SignalFip permettant, d’une part, la rédaction de fiches collectives et, d’autre part, la création de fiches directement par les organisations syndicales.
Ces fonctionnalités ont été présentées aux organisations syndicales lors d’un groupe de travail le 28 mai 2025.
Solidaires Finances Publiques ne comprend pas les tergiversations de l’administration ni les délais persistants avant leur mise à disposition effective.
Ces évolutions répondent pourtant à des besoins concrets, identifiés depuis longtemps, pour faciliter les signalements et améliorer la prise en compte des situations collectives de souffrance au travail.
La direction générale annonce des réponses complémentaires concernant les visites de services et les évolutions de SignalFip.
Pour Solidaires Finances Publiques, il est désormais temps de passer des annonces à la mise en œuvre effective des outils attendus par les personnels et leurs représentants.
Tableau de bord de veille sociale 2025
La présentation du tableau de bord de veille sociale 2025 a une nouvelle fois mis en évidence les limites d’une approche essentiellement fondée sur des indicateurs chiffrés.
Pour Solidaires Finances Publiques, si ces données peuvent constituer des outils d’alerte, elles ne sauraient suffire à comprendre les situations de souffrance au travail ni à identifier les facteurs de risques professionnels.
L’enjeu n’est pas simplement de mesurer les difficultés, mais bien d’en analyser les causes pour agir sur les organisations de travail.
Les représentantes et représentants des personnels ont ainsi demandé que les résultats de ces tableaux de bord débouchent sur des plans d’action concrets, adaptés aux métiers, aux missions et aux réalités des services.
La direction générale reconnaît que ces tableaux de bord ne constituent pas une finalité en soi et qu’ils doivent notamment permettre d’identifier les directions rencontrant des difficultés particulières.
Elle souligne également certaines limites techniques qui empêchent actuellement de réaliser des analyses suffisamment détaillées par famille de métiers.
Pour Solidaires Finances Publiques, ces difficultés techniques ne doivent pas devenir un prétexte à l’inaction.
Les indicateurs de veille sociale doivent servir à prévenir les risques et à améliorer les conditions de travail, et non simplement à constater, année après année, la dégradation de la situation.
Questions diverses : plusieurs situations locales préoccupantes
Thonon-les-Bains : une possible exposition à l’amiante
Une alerte a été portée concernant une exposition à l’amiante sur le site de Thonon-les-Bains, travaux sur des dalles contenant de l’amiante en milieu occupé.
Les représentantes et représentants des personnels ont notamment demandé la délivrance de certificats d’exposition pour les agentes et agents concernés.
La direction générale est tombée des nus et indique qu’elle prendra contact avec la direction locale.
Pour Solidaires Finances Publiques, la protection de la santé des personnels impose une transparence totale sur les risques d’exposition et la mise en œuvre des mesures de prévention et de suivi nécessaires.
Annemasse et la direction départementale de Haute-Savoie : une situation alarmante
La situation du SIP d’Annemasse a fait l’objet d’une nouvelle interpellation particulièrement préoccupante.
Les représentants des personnels dénoncent une situation qui perdurerait depuis près de deux ans, avec des agentes et agents exposés à un risque grave et des comportements managériaux décrits comme terrorisants.
Un droit d’alerte a été exercé, mettant également en cause l’inaction de la direction départementale de Haute-Savoie, à laquelle il est reproché de ne pas avoir appliqué les dispositions du Code général de la fonction publique.
La direction générale indique prendre cette interpellation au sérieux.
Toutefois, l’administration a dans un premier temps renvoyé à la compétence de la formation spécialisée locale pour la conduite d’une enquête immédiate.
À ce jour, Solidaires Finances Publiques attend toujours une réponse concrète à ce droit d’alerte.
Comment accepter qu’une situation signalée depuis aussi longtemps puisse perdurer sans intervention à la hauteur des risques dénoncés ?
Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour que les alertes des personnels soient réellement prises en compte ?
Faudra-t-il un nouveau drame pour que la direction générale réagisse enfin ? Au regard des événements récents, nous sommes malheureusement en droit de nous poser cette question.
Vernon, SDIF et autres questions
La situation du SIP de Vernon a également fait l’objet d’une interpellation. La direction générale s’est engagée à examiner le dossier.
Une alerte a par ailleurs été formulée concernant la charge de travail dans les services départementaux des impôts fonciers (SDIF), dont les difficultés nécessitent une attention particulière.
Enfin, les questions diverses ont permis d’évoquer l’annulation des Estivales ainsi que plusieurs demandes relatives au remboursement de frais, notamment les frais de nuitées et les situations concernant le site de Noisiel.