SOLIDAIRES FINANCES PUBLIQUES

Pas d’erreur de titre, il s’agit bien du plan 2026-2024 et pas 2024-2026 que la direction a présenté lors du GT du du 22/05/2026...

Compte-rendu

Dès l’ouverture du GT par l’administration, nous avons rapidement compris qu’il s’agissait, pour celle-ci, quasi-exclusivement, de « valider » un plan directionnel handicap 2024-2026 qui a déjà 2 ans de retard sur l’accord ministériel 2024-2026.

Signé par 3 ministres et l’ensemble des organisations syndicales du ministère, celui-ci engageait pourtant l’ensemble des directions du ministère… Mais, parfois, quand elle le souhaite (quand elles sont trop contraignantes pour elle ?), la DGFiP sait s’exonérer des « contraintes » ministérielles...

C’est, certes, louable de vouloir, enfin, apporter quelques réponses à la situation déplorable des collègues en situation de handicap.

Mais, avant d’élaborer un plan, il aurait été, nous le répétons depuis des années, nécessaire de faire un réel état des lieux sur le sujet à la DGFiP. Un état des lieux qui inclut l’ensemble des problématiques mentionnées dans notre déclaration liminaire, du recrutement jusqu’à la fin de carrière, en passant par la formation, l’ensemble des actes de gestion, les aménagements, la lutte contre les comportements discriminants, etc.

Bref, simplement les problématiques quotidiennes de l’ensemble des personnels de la DGFiP, sous le prisme du handicap.

Dont acte, nous continuerons donc de porter nos revendications lors des discussions sur le plan actuel et prenons date pour le plan suivant. Pour Solidaires Finances Publiques, il ne pourra d’ailleurs s’agir que d’un plan débutant en 2027, si on ne veut pas rester dans les errements et attendre, de nouveau, 4 ans pour parler handicap à la DGFiP !

Rappelons ici que la DG s’était engagée, lors du GT du 31/10/2025, suite à nos demandes répétées, à tenir une série de GT thématiques sur les sujets mentionnés ci-avant, proposant elle-même une périodicité semestrielle, ce qu’elle semble avoir oublié.

Elle s’est, cependant, de nouveau engagée à poursuivre un cycle de discussion sur le handicap à la DGFiP.. Gageons que, cette fois, elle tienne parole !

 

Des fiches qui n’apportent pas grand-chose de nouveau

L’étude des fiches et du plan proposé (pudiquement baptisé 2025-2026...), documents quasi-identiques à ceux du précédent GT (bien qu’actualisées sur les chiffres), en forme de satisfecit, a fait ressortir de nombreux questionnements, notamment :

  • pourquoi un si fort taux de postes à recrutement spécifique non pourvus (15 %, en augmentation) ?
  • pourquoi une si faible proportion de A dans ces recrutements (15 % alors qu’il y a 34 % de A à la DGFiP) et une si large proportion de C ( 60 % alors qu’il y a 23 % de C à la DGFiP) ?
  • pourquoi seulement 1,7 % de personnes en situation de handicap parmi les apprentis (contre 6,76 % sur l’ensemble des effectifs) 
  • pourquoi un seul recrutement, depuis 2019, au titre de l’article 93 de la loi n° 2019-828 de transformation de la fonction publique, alors que l’expérimentation (récemment prolongée d’un an) devait se terminer au 31/12/2025 ?
  • qu’en est-il de la mesure, pourtant incluse dans l’accord ministériel du 21/06/2024 mentionné plus haut, de promotion sans mobilité géographique des personnes en situation de handicap (qui ne peuvent, du fait de leur handicap, réaliser cette mobilité) ?

L’absence totale dans les fiches (et dans le plan) des aménagements organisationnels spécifiques (temps partiel handicap, télétravail, modulations horaires, temps de pauses, etc.), même si on note que les aménagements matériels progressent, de même que les doubles aménagements en présentiel et en télétravail (mais il reste encore un long chemin sur ces 2 points également…).

Pour Solidaires Finances Publiques, il est incompréhensible que l’ensemble des profils des candidats à un poste soient « en inadéquation par rapport aux besoins de la direction » (dixit la DG) si on adapte le poste au handicap et non l’inverse.

Il est bien plus probable que les directions attendent beaucoup trop de ces candidatures, à quelque niveau qu’elles soient, qu’elles attendent surtout des candidatures qui demanderaient un minimum d’aménagements voire pas d’aménagement du tout. Bref, le handicap sans ce qu’elles considèrent comme des contraintes.

Sur le corps de recrutement (peu d’inspectrices et d’inspecteurs, beaucoup d’agentes et d’agents), on pourrait penser que c’est le niveau de diplôme qui n’est pas rempli, puisque, en France, l’inclusivité des personnes en situation de handicap dans les études supérieures est encore loin du compte.

Mais, dans ce cas, pourquoi le taux de recrutement, en catégorie A, de contractuels handicapés à la DGFiP est-il inférieur de 37 % à celui de la Fonction Publique en général ? La DG n’a pu apporter aucune réponse à ce questionnement.

Est-ce un biais cognitif (si oui, à déconstruire et que fait-on pour ?), qui crée l’idée qu’une personne en situation de handicap (notamment invisible), pourrait effectuer uniquement des missions dites « d’exécution », en obérant totalement la possibilité d’être inspecteur ou inspectrice de la DGFiP ? Ca n’est évidemment en rien une excuse !

Enfin, à notre demande de porter collectivement la demande d’un taux de BOETH (bénéficiaires de l’obligation d’emploi de travailleur/euses handicapées ) porté de 6% à 8 %, la DG « botte en touche », en nous « laissant porter le sujet à la DGAFP ».

Même si nous n’avions évidemment pas attendu ce sage conseil pour agir (nous avions défendu cette revendication par l’intermédiaire de Solidaires Fonction Publique lors du GT DGAFP du 06/05/2026), il est dommageable que l’administration ne donne pas du poids à un sujet qui devrait être transpartisant. Pourtant la DGFiP sait faire remonter ses desiderata à la DGAFP sur d’autres thématiques…

 

Un plan handicap 06/2026-31/12/2026… plus que limité

Concernant le plan présenté, si notre revendication d’un axe spécifique sur la formation dans les établissements de l’ENFiP a été entendue, nous ne pouvons que constater son côté partiel. Et aucune action n’est prévue sur la partie pratique des scolarités.

Cependant, suite à nos demandes répétées, l’administration a annoncé vouloir travailler sur l’accessibilité des scolarités pour toutes et tous.

Par ailleurs, nous avons dénoncé une nouvelle fois que, très souvent, seule l’année reste indiquée comme cible, omettant totalement le taux de réalisation. Pour Solidaires Finances Publiques c’est évidemment vers 100 % de « réalisé » qu’il faut tendre.

Ensuite, certaines actions indispensables n’intègrent pas ce plan, comme le taux de services accessibles aux usagères et usagers ainsi qu’aux agentes et agents, alors que la DG s’était engagée à établir un recensement exhaustif lors du CSAR du 07/07/2025. A ce jour, nous n’avons toujours aucune information.

Le plan ne donne finalement que très peu de moyens aux référents handicap de proximité (RHP), pourtant indispensables au bon fonctionnement dudit plan.

D’ailleurs, malgré la lettre de mission directionnelle des RHP élaborée en 2025, qui prévoit une quotité de travail dédiée de 50 %, celle-ci n’est toujours pas publiée sur Ulysse et de nombreuses directions n’en tiennent pas compte, en toute impunité.

L’absence totale d’action pour imposer aux directions le respect des aménagements préconisés (particulièrement les organisationnels) est évidemment un énorme point faible.

En ce sens, nous sommes, de nouveau, intervenus pour que la FS (dans laquelle le RHP n’est pas systématiquement présent...) soit informée au fil de l’eau des refus d’aménagements (refus partiels ou dans leur intégralité) en plus d’un bilan annuel sur le sujet.

La direction a donné son accord, indiquant même qu’il s’agissait « d’une évidence, mais que ce qui est une évidence mérite parfois d’être précisé ». Ce qui va sans dire va effectivement souvent mieux en le disant et même en l’écrivant.

Encore, notre demande de mise en situation de handicap des collègues « valides », dans le cadre de leur travail quotidien, pour une prise de conscience collective a retenue l’attention de la direction. Nous attendons donc sa mise en pratique (dans un futur plan ?).

De plus, le périmètre de la « sensibilisation » des agentes et agents est particulièrement restreint dans ce plan, alors que l’ensemble des personnels devraient être associés.

Enfin, rien n’est prévu pour la lutte contre la discrimination cachée aux mobilités, renforcée par la multiplication des postes au choix.

Sur un plan plus général, l’administration a rappelé également que les comportement discriminants ne sont pas tolérables et doivent faire l’objet d’un SIGNALFiP. Le message de « tolérance Zéro » est passé et nous jugerons là aussi sur les faits, au regard de certains comportements actuels.

Pour conclure, un GT qui a eu pour objectif quasiment exclusif de pouvoir « sortir » un plan a minima avant que l’année de fin dudit plan ne soit terminée…

Espérons qu’au moins il soit respecté dans son entièreté par l’ensemble des directions et que la DG les rappelle à l’ordre si, d’aventure, certaines s’en affranchissaient.

Solidaires Finances Publique suivra attentivement l’évolution de ce plan et continuera d’oeuvrer pour que les agentes et agents en situation de handicap soient pleinement intégrés à la DGFiP, sans discriminations, pour le simple respect de l’égalité des chances promis par une loi maintenant vieille de 20 ans.