SOLIDAIRES FINANCES PUBLIQUES

Comme les années précédentes, le budget 2026 n’aura pas échappé à l’adoption par 49-3 et sera une fois de plus celui de l’injustice fiscale, sociale et environnementale. Sans grande surprise, les grands gagnants restent les mêmes : les grandes entreprises et les plus fortunés.

Loin de la justice fiscale

À écouter le Premier Ministre, le budget 2026 aurait pris en compte l’aspiration du plus grand nombre pour la justice fiscale et mettrait ainsi à contribution les plus riches. Certes, la copie finale parait moins violente pour la majorité de la population que celle présentée en juillet par François Bayrou, mais elle continue de ne pas répondre aux aspirations légitimes de justice et les plus riches continuent à être épargnés. Ce budget ne modifie en rien la politique économique mise en place depuis 2017, qui a eu comme conséquence l’aggravation des inégalités et de la pauvreté.

Dans ce budget 2026, aucune trace de la taxe Zucman, même dans sa version la plus allégée ; pas d’élargissement de l’impôt sur la fortune ; pas de progressivité du taux de l’impôt sur les sociétés ; pas de suppression de la Flat-Tax, et encore moins de contreparties imposées pour le versement des aides publiques, ni de réformes des niches fiscales qui, pour les deux plus importantes d’entre elles (Crédit d’impôt sur les services à la personne et Crédit d’impôt recherche), bénéficient avant tout aux plus aisés et aux plus grandes entreprises.

De la poudre de perlimpinpin !

Afin de faire croire que ce budget 2026 met à contribution les ultrariches, le Gouvernement met en avant quelques mesures. En premier lieu, le maintien de la contribution différentielle sur les hauts revenus. Cette contribution qui devait rapporter à l’État près de 2 milliards d’euros, ne rapportera au final en 2025 que 400 millions. Ce qui est logique puisque les plus riches transfèrent leurs revenus vers des holdings créées de toutes pièces pour échapper à l’impôt sur le revenu. La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 1 milliard d’euros a, au final, aussi été maintenue... mais au vu des superprofits engendrés par certaines grandes entreprises, ce n’est pas grand-chose, surtout quand, en 2025, les entreprises du CAC 40 ont versé à leurs actionnaires plus de 107 milliards d’euros en dividendes et rachats d’actions.

Alors, certains nous diront que nous exagérons, puisqu’une taxe sur les holdings patrimoniales existe... sauf que cette dernière exclut, dans son assiette, les actifs professionnels… Concernant la petite modification de la niche fiscale profitant aux héritiers, dite Pacte Dutreil, cela ne modifiera pas non plus grand-chose. Et cette niche fiscale continuera à creuser les caisses de l’État de façon conséquente, comme l’a démontré la Cour des Comptes (- 5,5 milliards d’euros en 2024).

Toujours moins pour les services publics et les fonctionnaires : la DGFiP n’y échappe pas !

Le budget 2026 ne verra pas l’augmentation du point d’indice pour les fonctionnaires, alors que le pouvoir d’achat ne cesse de s’effondrer. 356 000 fonctionnaires sont, d’ailleurs, rémunérés en dessous du SMIC et l’État doit leur verser une indemnité différentielle pour compenser la faiblesse de leur rémunération. Le budget 2026 n’a pas non plus supprimé le jour de carence et encore moins l’indemnisation à 90 % au lieu de 100 % en cas d’arrêt maladie.

En revanche, le budget 2026 supprime une nouvelle fois de très nombreux emplois à l’Éducation Nationale, dans la Santé, la Culture et à la DGFiP. Pour cette dernière, 550 nouvelles suppressions d’emplois sont actées, qui s’ajoutent aux plus de 30 000 subies depuis 2010. La charge de travail explose, les conditions de travail se dégradent, le sens du travail s’effrite. Suicides et tentatives de suicide qui ont endeuillé la DGFiP en 2025, alertes du rapport de la Cour des Comptes, témoignages de collègues épuisés : tout cela devrait suffire à stopper cette fuite en avant. Mais rien ne semble freiner cette mécanique infernale qui broie les personnels et détruit le service public !

Le budget 2026 est donc adopté définitivement.

Solidaires Finances Publiques ne se résignera jamais et continuera de lutter pour la justice fiscale, sociale et environnementale !