Ce CTR s'inscrivait dans la poursuite des restructurations et réorganisations. Ainsi étaient fixées à l'ordre du jour les réorganisation de missions cadastrales et l'évolution du périmètre de la mission confiée au STDR. Vous trouverez dans ce compte-rendu les annonces liées à la mise en oeuvre de PPCR, annonces qui ne figuraient pas dans l'ordre du jour ...et pour cause !

Liminaire

Nous sommes désormais entrés de plain-pied dans un période particulière, marquée par des joutes électorales qui vont nous conduire jusqu'aux élections présidentielles et législatives.

Ce contexte ajoute au désarroi des agent-es que vous soumettez depuis votre nomination à d'incessants changements, un peu plus d'incertitudes, des craintes légitimes quant à leur avenir, voire des peurs qui dérivent de plus en plus souvent, la désespérance aidant, à des réactions et des positionnements pour le moins inquiétants.

A nos alertes répétées sur la dégradation des conditions d'exercice des missions, sur la détérioration continue des conditions de vie au travail et hors travail des agent-e-s, vous nous opposez les témoignages de ceux et celles que vous prétendez rencontrer (si on en juge par les clichés de vos visites dans les services, ils sont loin d'être, en nombre, représentatifs de la DGFiP), les décisions du parlement, soi-disant représentant le « peuple », qui vous contraindraient à la réforme permanente, réforme que vous nous présentez comme la seule alternative possible pour sauver la DGFiP. Au final vous vous présentez comme un démiurge, grand défenseur du service public et des personnels que vous prétendez protéger. Au passage vous ne vous gênez pas pour dénigrer, délégitimer l'action des organisations syndicales jusqu'à leur retirer les maigres moyens supplémentaires que d'autres, qui détenaient leur position d'un autre gouvernement naturellement plus hostile au mouvement social et aux fonctionnaires, leur avait accordé. Nous sommes passés, à vos yeux et à ceux de ceux qui nous gouvernent pour encore quelques semaines du rang des partenaires sociaux au rang d'ennemis de classe. Remarquez, cette position ne nous dérange pas forcément, et vous nous rétorquerez sûrement que nous l'avions bien cherché.

Vous n'avez pas le monopole de la défense du service public, de la DGFiP et de ses agent-e-s. Nous sommes et nous le revendiquons, en toute immodestie assumée, les véritables défenseurs du service public, de la DGFIP et de ses agent-e-s. Et malgré votre acharnement à nous détruire, en même temps que vous détruisez toutes les garanties et les protections des personnels, nous vous affirmons que nous continuerons à ne pas nous laisser faire et à ne pas vous laisser faire, vous et vos successeurs d'où qu'ils viennent et quelque idéologie qu'ils épousent.

En fait, des interrogations nous viennent sur ce qui vous anime vraiment. Nous avons notre petite idée que nous ne vous livrerons pas ici, pour ne pas vous fournir l'occasion friande de nous mettre en cause.. Une loyauté qui confine au loyalisme ? Un désir de revanche, voire de vengeance ?

Un réflexe de protection ou d'adaptation d'une caste qui de toute façon s'en sortira toujours quoi qu'il arrive, mais qui voit quand même se profiler non sans une certaine appréhension le spectre de la déroute de ceux à qui elle doit sa position dominante, une fillono compatibilité voire pire ?

Mais nous n'attendons pas que vous nous éclairiez sur les ressorts réels de vos choix, nous préférons garder le mystère intact en même temps que nos certitudes.

Les agents-e-s et nous avec pourrions presque au fond vous être reconnaissant et reconnaissant à nos actuels responsables politiques. C'est vrai, en fait, vous nous avez préparé au pire, puisqu'on nous a prédit à plusieurs reprises le pire, notamment le Secrétaire d’État au budget un de ces jours pluvieux d'Auvergne, et qu'on nous prédit toujours le pire. Au moins, pas de mauvaise surprise, le pire étant en fait de ne pas s'y attendre.

De l'espoir à la désespérance il n'y avait que quelques mois et au bout d'un quinquennat, cette désespérance que vous avez entretenue par votre action, par le rejet de la quasi intégralité des revendications et des attentes des agent-e-s et de leurs représentants élus. Cette désespérance, libère, non pas encore une colère salutaire et salvatrice qui renverserait la table, mais bel et bien des monstruosités. Une récente étude d'opinion, largement commentée dans les milieux autorisés, révèle une droitisation de la fonction publique et de ses agents-e-s dont un nombre inquiétant indique leur intention de franchir le Rubicon vers un choix extrême. La DGFiP n'est pas épargnée. Il faut, les expériences récentes le démontrent malheureusement, se méfier des sondages, et ne pas forcément prendre au pied de la lettre toutes les déclarations d'intention. Las, les informations qui nous reviennent corroborent tristement ces estimations sondagières au travers de la manière dont certains de nos collègues traitent de la fiscalité des travailleurs sans-papiers, ou de celle des étudiants étrangers, à l'opposé de la loi et de la doctrine administrative, et en mettant de côté y compris leur devoir de réserve. Et que pensez de l'arbitrage rendu par le DG qui vient de faire capoter plusieurs années de négociations positives entre l'administration, Solidaires Finances Publiques et les associations de travailleurs sans-papier ?

Alors oui, sans nous lancer dans un « j'accuse » à la Zola, nous considérons que vous portez une part de responsabilité de ces dérives.

Vous auriez pu nous démontrer, ainsi qu'aux agent-e-s, la sincérité de vos élans de protection, juste en ralentissant le rythme des réformes, voire en marquant, non pas un arrêt définitif, mais comme nous vous le demandions, une « pause qualité », le temps d'un bilan contradictoire approfondi.

Personne au-dessus de vous ne vous en aurait tenu rigueur sans doute et vous aviez même le prétexte du PAS pour en justifier, comme vous en avez justifié pour obtenir la non-réquisition de 500 chaises. Si les tribunaux ont été heureusement cléments pour les faucheurs de chaises qui luttent, et nous avec eux, pour dénoncer et combattre la fraude et l'évasion fiscale, ne comptez pas sur notre indulgence pour le vol, depuis 13 ans, des 37 000 qui obèrent justement les capacités d'intervention de la DGFiP en matière de contrôle fiscal et qui conduisent la DGFiP à sa perte, à sa disparition.

Dans le contexte anxiogène dans lequel nous évoluons, c'eût été une bulle d'oxygène. Mais non, vous avez choisi au contraire de poursuivre, voire d'accélérer votre besogne (et l'ordre du jour de ce CTR le démontre encore une fois), préparant ainsi le terrain à de plus radicaux fossoyeurs du service public fiscal, foncier et de gestion publique. Et nos interrogations qui reviennent.